Connaissez-vous Rodin ?

Impossible de passer à côté du maître. A l’école, dans les lectures, dans les conversations. Mais à part Le Penseur, que connaissez-vous de lui ? Ses contemporains disaient de lui qu’il était l’homme devant lequel « le marbre tremble ». Découvrez pourquoi au Musée Rodin, jusqu’au 3 mars 2013.

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Rodin et le marbre

Bronze et plâtre sont souvent considérés comme ses matériaux de prédilection, mais Rodin « dompte » le marbre comme aucun autre artiste. Ce choix du marbre n’est pas le fait du hasard. Associé à l’Antiquité gréco-romaine, il est aussi le matériau le plus proche de la chair : dur et froid, il acquiert chaleur et souplesse, et donc vie, par le travail de l’artiste. Dans sa fabrique, Rodin avait recours à des praticiens ; autrement dit, c’est un travail à plusieurs mains qu’assume finalement le sculpteur. La «touche» du maître n’en reste pas moins parfaitement identifiable.  Si Rodin excelle dans la sculpture du marbre, c’est qu’il maîtrise l’art de l’illusion. Il donne à la pierre l’apparence du tissu, de la dentelle, des fleurs ou des cheveux. Les corps prennent vie grâce au jeu des ombres et de la lumière, et des techniques du sculpteur. Pour un peu, on croirait que le front plissé par le chagrin de La Pleureuse est sur le point de se dérider un instant afin qu’elle reprenne son souffle. Le roc se transforme en cascade de cheveux, et on oublie le marbre pour trouver l’émotion. Autre chef-d’œuvre, La Danaïde frappe par le réalisme de son dos, tout en détails de muscles et mouvements, accentué par l’opposition avec le rocher. Les cheveux se changent en ondes. La lumière joue avec le marbre et l’enrichit de subtiles nuances ; ainsi un simple creux à la place des pupilles de Madame Roll suffit-il à insuffler la vie et une présence au visage de son modèle.