Eugène Atget et le Paris de la Belle Époque

Les photographies d’Eugène Atget renvoient à un Paris disparu et poétique. Bien qu’étant l’un des pères de la photographie documentaire, il reste méconnu en France. Le musée Carnavalet, qui fut l’un de ses grands commanditaires, lui rend hommage.

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Eugène Atget, témoin d’une époque

Eugène Atget a posé un regard original sur le Paris de la Belle Époque, un Paris souvent fantasmé et réduit à ses beaux quartiers. Après plusieurs expériences ratées en tant qu’acteur et peintre, il découvre sa vocation sur le tard, quand il décide de fournir de la documentation photographique aux artistes et aux musées ; il entreprend alors de capturer Paris sous tous les angles. Il s’intéresse de manière systématique aux devantures des magasins, aux cours d’immeubles, aux hippomobiles, à la statuaire, aux jardins parisiens, et jusqu’aux environs de la capitale. Il s’attaque également aux petits métiers de Paris : marchands d’abat-jour, d’herbes, de jouets, chanteuses de rue, prostituées… Personne ne semble échapper à son objectif.

L’exposition montre des clichés pris entre 1898 et 1927. Au dix-neuvième siècle, une épidémie de choléra pousse les préfets de Paris à entreprendre de grands travaux pour assainir la ville. Atget se fait alors le témoin des changements de la capitale et immortalise des quartiers aujourd’hui disparus. Il va ainsi photographier les fortifications de Paris, où les chiffonniers et les plus pauvres venaient s’entasser dans des roulottes ou des cabanes de fortune. L’exposition compare aussi son travail avec celui d’Emmanuel Pottier, autre photographe méconnu du vieux Paris. Leur travail, quoique réalisé à quelques années d’intervalles, se rejoint souvent dans le choix des points de vue et dans la démarche.