Yutaka Takanashi, la poésie dans la ville

La fondation Henri Cartier-Bresson organise une rétrospective du photographe japonais Yutaka Takanashi. Cet artiste majeur capture les changements de la société nippone, entre lyrisme et réalité.

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Poétique d’une ville qui change

La première photographie de l’exposition montre des hommes allongés sur le sol d’une carrière. On les distingue à peine et on les confond avec les tas de cailloux environnants. Un cliché emblématique de la première partie du travail du photographe. Au cours de promenades à pied ou en voiture, Takanashi capte les changements de la capitale japonaise. La société de consommation naissante transforme le milieu urbain en un monde froid et désert, et finit par tuer la ville (et la vie). Les rares silhouettes humaines encore visibles sont des publicités en carton, des ombres, ou bien sont perdues dans le cadre. Les enseignes commerciales deviennent les nouveaux symboles divins. Les mannequins des affiches publicitaires géantes surveillent du regard la population, à la façon de Big Brother. Dans ce monde photographié en noir et blanc, les hommes perdent leur visage et deviennent interchangeables. La première partie de l’exposition, la série Toshi-e, traque l’invisible et l’affiche au grand jour.