Adel Abdessemed, le choc

Le Centre Pompidou expose le travail d’Adel Abdessemed jusqu’au 7 janvier 2013. Grâce à l’exposition intitulée «Je suis innocent», l’artiste algérien mêle pouvoir, religion et violence.

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Le choc

   Si son nom ne vous dit rien de prime abord, vous avez sûrement entendu parler de lui ces derniers jours. La statue géante du Coup de Tête, entre Zinedine Zidane et Marco Materazzi, c’est lui. Cette œuvre illustre d’ailleurs plutôt bien le travail de l’artiste. Reprendre des images qui choquent et utiliser des formats géants, voilà deux caractéristiques qui s’appliquent à nombre de ses œuvres. La statue, exposée devant le Centre Pompidou, met l’accent sur la brutalité du choc, en faisant disparaître le contexte. Elle fait écho pour Adel Abdessemed à une sculpture en bronze d’Antonio del Pollaiuolo, représentant la collision ente Hercule et Antée. Zidane et Materazzi deviennent, au même titre que les héros grecs, des icônes modernes, au sens où cet affrontement reste gravé dans nos mémoires.

   On ne se promène pas tranquillement dans cette exposition. Devant la vingtaine d’œuvres présentées, on hésite, on scrute, on s’interroge. Car Adel Abdessemed n’aime rien tant que de nous mettre devant des situations incongrues ou choquantes. Cela va d’une vidéo de trente minutes montrant un homme nu jouant de la flûte à un bas-relief fait d’animaux naturalisés et brûlés. Cette exposition met le spectateur dans une position inconfortable. L’artiste s’inspire de l’histoire, des rapports de force et dévoilent un monde terrifiant et rempli de conflits.

Crédit Photo : Practice Zero Tolerance,2006,Terre cuite,440 x 140 x 140 cm, Collection privée,© Adel Abdessemed, ADAGP Paris 2012. Photographie : Marc Domage. Courtesy de l'artiste et de David Zwirner, New York/London