Le tatouage à l’honneur au musée du Quai Branly

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Les férus de tatouage ne manqueront pas à l’appel, dès le mardi 6 mai, au Musée du Quai Branly : c’est à cette date que l’exposition « Tatoueurs, tatoués » commence, se prolongeant jusqu’au 18 octobre 2015.

Un retour historique passionnant

Si l’on sait tous qu’aujourd’hui, le tatouage est, dans nos sociétés occidentales, une mode incontournable, on est davantage étonné d’apprendre, ou plutôt de prendre la mesure de son ancienneté. En effet, les peuples primitifs – notamment africains et océaniens – donnaient à ces inscriptions des rôles sociaux ou religieux, en les utilisant comme symboles de rites de passages avant d’être intégré à une communauté en particulier. Parallèlement, à la même époque, les occidentaux s’en servaient pour marquer la criminalité ou l’infamie, ce qui montre la diversité des significations attribuées, aux mêmes époques, au tatouage. Finalement, au cours du XXe siècle, tandis qu’il se pratiquait couramment dans les milieux marginaux, le tatouage a, subitement, été sujet à une forte médiatisation, faisant de cette activité méconnue une réelle mode. Ainsi, aujourd’hui, il a perdu toutes ses symboliques rituelles et son aspect exclusif, puisqu’il est, désormais, assimilé au même titre que les bijoux ou accessoires servant, selon les goûts de chacun, à affirmer sa personnalité.

Une exposition à plusieurs dimensions

Naturellement, l’exposition « Tatoueurs, tatoués » ne se contente pas de retracer la – passionnante – chronologie des tatouages au sein des différentes civilisations. En effet, tandis que 300 œuvres historiques et contemporaines issues du monde entier sont rassemblées, la dimension artistique du tatouage est amplement mise en valeur : si ce marquage définitif est source de fascination, il nécessite, parfois, plusieurs heures de travail et, également, beaucoup de talent. Par ailleurs, les plus intellectuels seront satisfaits de trouver, au Musée du Quai Branly, des références aux recherches universitaires menées autour de la thématique de l’exposition. En effet, plusieurs sociologues et psychologues se penchent, depuis plusieurs années, sur les différentes significations pouvant être attribuées au fait de marquer, de façon indélébile, son propre corps. D’une façon encore plus originale, les échanges entre les différents tatoueurs du monde sont évoqués : en effet, à l’heure où les distances entre les pays sont de plus en plus faibles grâce aux médias et à internet, chaque culture apprend de ses voisins pour, en conséquence, créer de nouvelles tendances.

Fans d’histoires, passionnés d’art, intellectuels en pleine réflexion sur la portée du tatouage ou simples curieux pourront tous, au Musée du Quai Branly, faire des découvertes susceptibles de les intéresser.

Marie Gillet

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