Mylène Farmer, la blonde et nous

Le prochain album de Mylène Farmer, Monkey Me, sortira le 3 décembre. L’occasion de revenir sur la carrière hors-norme de la chanteuse qui fait son come-back en blonde platine. Portrait.

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Les débuts

  Mylène Farmer domine le paysage musical français depuis une trentaine d’années. La recette de son succès ? Elle a su imposer son style musical et s’est créée un vrai personnage mystérieux. De son enfance au Canada, elle ne garde que des souvenirs de plaines enneigées. Lorsque sa famille arrive en France, en 1969, elle a 8 ans. Adolescente, elle envisage un temps de devenir monitrice d’équitation. Mais deux jours après sa rentrée en terminale, elle arrête les cours et déménage à Paris où elle suit le cours Florent pour devenir comédienne. Après plusieurs publicités, Mylène rencontre Laurent Boutonnat, qui cherche une interprète pour sa chanson Maman a tort. Mylène se choisit un nom de scène en hommage à Frances Farmer, une actrice américaine des années 30. Elle signe enfin chez RCA après plusieurs refus d’autres maisons de disques. Mais après un premier échec avec On est tous des imbéciles (1985), RCA ne renouvelle pas son contrat. Son manager la recase chez Polydor qui sortira son album Cendres de Lune, en 1986. Mylène adopte alors les cheveux roux, une idée géniale pour se démarquer. Le clip de Libertine, où elle apparaît nue, fait scandale. Il signe aussi le début de sa popularité. Elle restera six mois  dans le Top 50.

   Les tubes s’enchaînent jusqu’en 1992 : Sans Contrefaçon, Ainsi soit je, Pourvu qu’elles soient douces, Sans logique, A quoi je sers, Désenchantée, Regrets… Des tubes extraits des albums Ainsi soit je… (1988) et L’autre (1991), vendus à deux millions d’exemplaires. Elle devient la première chanteuse à recevoir un disque de diamant pour Ainsi soit je… et multiplie les records et les prix. Désenchantée atteint les 1 300 000 ventes. Elle est nommée artiste de l’année 1988 aux Victoires de la Musique et remporte le prix de meilleure artiste française 1992 aux World Music Awards.  Les concerts de Mylène Farmer contribuent largement à son succès. Elle ne fera que peu de tournées pour une carrière aussi longue, mais elle est la première, avec le Tour 89, à présenter un show à l’américaine, avec chorégraphies et décors léchés. Ses textes renvoient à des écrivains célèbres, parlent de sexe, de religion, de mort et d’amour. Autre atout dans la manche de Mylène : ses clips révolutionnaires. Scénarisés, longs et réalisés par de grand noms, ils assurent la popularité et l’originalité de l’artiste. Luc Besson réalise pour elle Que mon âme lâche, Abel Ferrara California, et Ching Siu-Tung s’occupe de L’Âme-Stram-Gram. Je te rends ton amour sera même interdit de diffusion. En 1991, un fan tue le réceptionniste de Polydor qui refusait de lui donner l’adresse de la chanteuse. Mylène commence à prendre de la distance par rapport à sa vie publique. Très discrète dans les médias, elle ne donne que peu d’interviews et décline des reconnaissances comme la Légion d’honneur ou sa statue au Musée Grévin.

Crédit Photo : Mylène Farmer sur le tournage du clip Libertine, PR.