Le fantasme d'exhibition

Lorsqu’on parle d’exhibitionnisme, on pense immédiatement à l’image du pervers en imperméable qui traumatise les jeunes femmes en dévoilant son intimité au coin d’une ruelle sombre. Pourtant, le fantasme d’exhibition est partagé par beaucoup d’hommes et de femmes et pratiqué par certains couples qui y trouvent un moyen de pimenter leur sexualité. Alors comment définir réellement cette pratique en tant que fantasme ?

L’exhibitionnisme au sein du couple

Mis à part les personnes très pudiques qui ne font l’amour que dans le noir ou bien cachées sous la couette, on peut dire que l’exhibitionnisme fait partie intégrante de notre sexualité. Mais, même dans l’intimité du couple, il peut prendre certaines formes plus ou moins poussées. Ainsi, les femmes qui aiment mettre en valeur leurs parties intimes par le biais de lingerie sexy ou de bijoux le font principalement pour éveiller le désir de leur compagnon par cette forme d’exhibition.
De plus, à notre époque moderne, l’exhibitionnisme trouve des moyens et des supports que l’on ne connaissait pas auparavant. Ainsi, les jeux de photos coquines, ou encore de sexe par webcams sont-ils devenus légion, tout comme les "sexe-tapes" que beaucoup n’hésitent plus à réaliser dans l’intimité.
D’autres couples, qui assument pleinement leur penchant pour le sexe en public peuvent se rendre dans des clubs échangistes ou organiser des soirées privées au cours desquelles ils font l’amour sous le regard d’autres personnes, seules ou en couple.

L’exhibitionnisme hors de la sphère intime

Si se montrer nu à son partenaire est une chose somme toute assez banale, il existe une autre forme de fantasme d’exhibition, qui consiste cette fois à se mettre en scène, seule ou en couple, sous le regard de tierces personnes. Cette exhibition peut alors être plus ou moins discrète et ne demande pas forcément de se mettre à nue devant des étrangers. Ainsi, certains couples pratiqueront-ils des jeux coquins visant à passer une partie de la journée sans sous-vêtements ou encore, feront-ils l’amour dans un lieu dans lequel ils peuvent être surpris.
Dans ce cas précis, c’est le risque de se faire prendre qui augmente l’excitation et donc le plaisir.  Dans cette forme d’exhibitionnisme, s’expriment avant tout le fantasme de la mise en scène et la volonté de dépasser les limites habituellement imposées par la pudeur. Mais les couples qui pratiquent ce type de relations sexuelles ne sont ni déviantes ni perverses, du moins tant qu’ils n’ont pas la volonté expresse de choquer les autres.

Les limites à ne pas dépasser

Bien entendu, il existe dans notre société des règles à respecter en matière de pudeur et il est formellement interdit de s’exhiber volontairement dans des lieux très fréquentés ou de dévoiler son intimité à des étrangers non-consentants.
La limite entre le fantasme et la perversion dépend donc essentiellement du respect ou du non-respect de cette règle. Les psychologues et sexologues considèrent d’ailleurs l’exhibitionnisme pervers, c'est-à-dire intégrant une volonté de choquer, comme une pathologie sexuelle à part entière.
On peut en effet considérer que montrer à une personne tout ou partie de son intimité peut être perçu comme une véritable agression. Mais la plupart des exhibitionnistes déviants n’en ont pas réellement conscience et tirent d’ailleurs généralement leur plaisir du fait qu’ils pensent que celui ou celle qui les regarde est excité.
Il est intéressant de noter que contrairement au fantasme d’exhibition, généralement très féminin, l’exhibitionnisme pathologique est plus généralement pratiqué par les hommes et étroitement lié à la pratique de la masturbation publique.

R.W.

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